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Gay ! Gay ! Marions-les !

jeudi 17 janvier 2013, par Sausausau

Un mythe fondateur a prévalu à la naissance de la revendication du mariage homo et a favorisé son approbation majoritaire par l’opinion publique. C’est l’idée selon laquelle elle constitue un souhait légitime d’égalité des droits. Une société qui affiche ce principe dans sa devise et sur les frontons de ses mairies ne saurait le méconnaître. Or il en va ainsi de tous les mythes fondateurs, ils s’inspirent très peu de la réalité et cherchent avant tout à donner à un groupe d’hommes une histoire fabuleuse et des héros glorieux et à ceux qui les racontent la figure du prophète ou du savant. Pourtant, ils travestissent la réalité. A ce titre ils ne peuvent servir un argumentaire honnête et ceux qui les colporte sont soit des bonimenteurs soit des illuminés.
Je vous propose donc de démystifier la revendication du mariage homosexuel.

De l’égalité des droits.
Elle est garantie notamment par l’article 1er de notre constitution qui déclare que la République "… assure l’égalité devant la loi de tous les citoyens sans distinction d’origine, de race ou de religion". Ce qui veut dire que la loi se doit de traiter tous les citoyens également. La loi ne doit pas ajouter à une disparité de fait une inégalité de droit. Avant la révolution de 1789, les différences de naissance, de force, de talent, de richesse avaient fini par imposer comme un droit naturel l’ascendant qu’elles permettaient sur autrui. Le pouvoir et la force étant à cette époque l’unique source du droit, les inégalités et les privilèges étaient de facto transcrits et actées par la loi.
Le principe de l’égalité des droits entame un renversement de situation. Les privilèges liés à la naissance sont abolis, on naît égaux devant la loi, et les différences de traitement sont justifiés par le seul mérite et la fonction sociale des individus. De nos jours nous allons plus loin et précisons que dans un même contexte les individus doivent être traités indistinctement, ce qui laisse la possibilité au législateur de recourir à une discrimination positive pour dépasser le formalisme de l’égalité des droits et pour viser une égalité de fait.
Ce souci d’égalité doit beaucoup à une nouvelle réflexion sur l’homme, ontologique et plus seulement métaphysique. L’homme n’est plus réduit à une création de la volonté divine à qui s’impose un destin déterminé, la réflexion ne porte plus sur qui a une âme et qui n’en a pas, mais on se met à réfléchir à l’homme dans son essence, au delà des différences de chacun des individus, et de là naît l’idée d’une égale dignité de tous les êtres humains.
Il faut aussi y voir la lucidité d’une partie de l’élite de l’époque qui sentant bien s’affaiblir les digues d’un ordre divin faiblissant y voyait le nécessaire apaisement des tensions qui naissaient d’une inégalité mal comprise.
Le droit vise à l’organisation de la société selon des critères d’efficacité, de justice, de morale ou de religion. Le besoin de justice est un caractère général de toutes les société et fonde la plupart des morales, notamment la nôtre, le droit est en France imprégné de ce souci de justice peut-être, parce que un peu plus qu’ailleurs, nous avons fini par comprendre que l’on sera toujours le faible de quelqu’un.
Cela nous conduit à des lois qui entendent souvent organiser la protection des plus faibles. Ce souci légitime est parfois dévoyé, et un concept plus marketing que philosophique voudrait organiser les désirs et aspirations de chacun en droit : le droit au bonheur, aux vacances, à l’enfant, au rêve, au sommeil, à la jeunesse etc… Le concept d’égalité est bien trop précieux pour être dénaturé et galvaudé par des revendications qui n’entretiennent avec ce sujet qu’un rapport biaisé.
Il devient nécessaire de rappeler que l’égalité vise à préserver les droits fondamentaux et notamment ceux des plus faibles mais pas à assurer l’avenir financier des vendeurs d’utopies ou à satisfaire des revendications corporatistes ou communautaires.

Voilà esquissé de façon bien peu académique et très schématique l’esprit qui inspire le concept d’égalité des droits.
Il convient maintenant d’analyser en quoi le mariage tel qu’il est défini actuellement est une atteinte à ce droit et en quoi le projet de mariage "pour tous" propose une approche plus égalitaire.

De l’égalité des droits devant le mariage.

Le concept d’égalité des droits s’apprécie au niveau du citoyen, et donc d’un individu et s’analyse dans le rapport de cet individu à la loi.
Un homosexuel est-il empêché en tant qu’individu, par la loi se marier ?
Un peu cyniquement je répondrais non, ils ont le droit de se marier avec une personne du sexe opposé. Le problème est qu’il ne le souhaite pas et comme ils n’y sont pas obligés le problème devrait être considéré comme résolu.
Ils veulent que la définition du mariage soit élargie au nom de légalité. Mais quelle égalité ? Celle de l’individu en tant que tel est respectée. Tant que sa préférence sexuelle n’est pas arrêtée personne n’est écarté du mariage, puisque l’on est soit une homme soit une femme. C’est au regard d’une différence que les homosexuels considèrent comme constitutive d’une spécificité primordiale qu’ils se sentent brimés. Or s’ils ne peuvent fonder la famille telle qu’elle est décrite dans le code civil c’est à cause d’une orientation sexuelle différente qui ne permet pas en l’état la reproduction. Ce sont eux qui s’excluent. La personne qui n’aime pas ou ne supporte pas le chocolat ne peut se considérer comme traitée de façon inégalitaire quand elle refuse de se servir dans la boîte qui lui est tendue. Le principe d’égalité est respecté.

En droit, les contractants doivent satisfaire à certaines obligations pour que le contrat soit valable. Quelques exemples pour illustrer mon propos.
L’obligation de capacité. Elle s’analyse notamment aux termes du contrat. Ainsi deux hommes qui voudraient se marier ne le peuvent pas aux termes du code civil, qui ici sert de contrat, puisqu’il prévoit dans un de ses articles que les parties doivent être de sexe opposé. Il n’y a pas d’inégalité mais une incapacité à contracter dans le cadre du code actuel. La modification revendiquée n’entrainerait pas plus d’égalité à contracter, puisqu’il n’y pas d’inégalité, mais une modification substantielle du mariage et sa dénaturation.
Pour qu’il y ait un contrat de travail il faut qu’il y ait un employeur et un salarié. La qualité des contractants se juge ici à travers les obligations auxquelles chacune des parties s’engage. Celui qui vend son travail est le salarié, celui qui l’achète est l’employeur. A chacune de ces deux qualités sont attachés des droits et des obligations. Ici, c’est la nature du contrat qui qualifie les parties. Si l’une des deux parties est manquante, il n’y a pas de contrat de travail. Ce sera nécessairement un contrat d’une autre nature. Deux salariés ne peuvent conclure l’un envers l’autre un contrat de travail, sans que l’une des parties ne soit considérée comme l’employeur et l’autre comme le salarié. Cette impossibilité constitue-t-elle une inégalité de droit des salariés qui ne peuvent contracter entre eux ? Bien évidement non, il existe simplement une impossibilité juridique dans le cadre du contrat de travail. La qualité de salarié est un statut juridique conféré par l’environnement contractuel et non un choix, c’est une notion de droit sans laquelle le contrat de travail ne serait plus. Bien souvent certaines conditions sont nécessaires à l’ouverture de droit, non pas en opposition au principe de l’égalité des droits, mais souvent par la nature même du droit. Le droit d’élire le président de la république Française s’obtient par la nationalité Française, non pas pour discriminer les étrangers mais par ce qu’être Français est consubstantiel de ce droit, il limite ce droit mais cette limitation contribue à la définition de ce droit.
Voilà pour les exemples. Sans entrer dans le débat du caractère inné ou acquis de l’homosexualité, il me semble que se serait quand même faire affront à leur volonté que de prétendre que l’homosexualité ne constitue pas finalement un choix que nos société apaisées permettent aujourd’hui d’assumer. Il ne s’agit pas d’un handicap, d’une faiblesse ou d’une maladie, d’une subordination, qui limite les potentialités d’un individu et qu’il faudrait contrebalancer.
L’homosexualité est une différence accidentelle, en ce sens qu’elle n’est pas essentielle dans la caractérisation d’un individu, qui ne saurait être résumé à cette différence. Elle place de fait ceux qui le sont, hors de la définition existante du mariage. Il en va ainsi de nombreux choix ou aptitudes, ils sont bien souvent exclusifs les uns des autres, et il appartient à chacun de se construire en fonction de ses désirs mais aussi de ses potentialité réelles.
Ce n’est donc pas en tant qu’individu qu’ils se sentent discriminés mais en tant qu’homosexuels. C’est cette particularité qu’il veulent voir prise en compte. Lorsqu’ils revendiquent le mariage pour tous c’est une figure de style, le mariage est déjà pour tous. Ils revendiquent un mariage qui reconnaisse comme assez fondamentale cette particularité pour qu’on revienne sur l’idée que l’on s’en faisait avant : l’union d’un homme et d’une femme qui pouvait aboutir à la naissance d’enfants.
Cette exigence se réclame du respect des minorités, et du droit à la différence.

Des minorités.

Les minorités s’analysent comme un groupe d’individus qui par une caractéristique particulière, établie ou revendiquée, se démarque du reste d’un groupe plus important en nombre, qui fixe la norme à l’égard de cette caractéristique.
Elle peuvent être de différents ordres : politique, physique, sexuelle, ethnique, ou religieuse.
Il est normal de se préoccuper du sort des minorités, par une loi quasi naturelle, la majorité a vite fait d’en faire des boucs émissaires et des souffre douleurs.
En France c’est le modèle du droit à l’indifférence qui s’est imposé à l’égard des minorités. Il nous a semblé que c’était ce qui garantissait le mieux le vivre ensemble. Tu votes pour qui tu veux. Tu baises qui tu veux. Tu es comme tu es. Tu prie qui tu veux. Ce qui intéresse l’état ce n’est pas ce qui nous sépare mais ce qui nous rapproche. C’est ainsi que la laïcité a organisée la cohabitation des différentes religions en en reconnaissant aucune, et en laissant à chacun une totale liberté de conscience.
On pourrait m’opposer que pour ce qui est du mariage la loi a reconnu une pratique sexuelle parmi d’autre. Effectivement, elle a retenue la seule qui s’affichait publiquement à l’époque et qui portait à conséquence pour la société, celle qui permet la reproduction de l’espèce et pour laquelle il n’est pas idiot d’imaginer un cadre juridique à des fins d’organisation.
La règle générale reste cependant, l’indifférence de l’état à l’égard des particularismes qui ne doivent occuper dans l’espace public une place qui soit telle qu’elle menace l’existence des autres. Cette règle fonctionne, même si parfois elle subit la pression légitime des minorités qui se disent que c’est en devenant majoritaire que l’on se met totalement à l’abri de la discrimination.

Du droit des minorités.

Le droit à l’indifférence ne doit pas être pour la société un renoncement à la défense des valeurs majoritaires. Pas de relativisme. Chacun a le droit de penser différemment mais le groupe majoritaire doit conserver le droit de défendre ses idées et d’organiser la société dans ce sens, sinon plus rien n’aurait de sens. On ne doit pas pouvoir se prévaloir des valeurs défendues par d’autres pour revendiquer des droits qui s’y confrontent. Pour autant que resterait-il de l’idée de tolérance si elle se limitait à une indifférence courtoise, si dans les faits une prise en compte des aspirations légitimes des minorités n’était pas effective ? Un voeu pieu, une posture .
Ainsi tout en ne reconnaissant aucun culte l’Etat peut permettre et faciliter l’organisation des rites religieux. Il subventionne des associations culturelles et ethniques minoritaires, il protège les homosexuels de la discrimination etc.
Pourquoi n’accéderait-il pas à la demande de deux individus du même sexe de voir reconnu leur vie commune et de bénéficier des mêmes avantages légaux que les autres couples. Soit ! Je n’ai pas beaucoup d’arguments rationnels à opposer à cette demande. Soyons moderne, ravalons notre homophobie latente et inventons une union civile qui soit de même nature et qui ait les même effets que les liens contractuels du mariage.
Ils n’en veulent pas. Ce qu’il veulent c’est une égalité de traitement. Pas un traitement différencié qui viserait à compenser une inégalité de fait.
Ils veulent que soit supprimé du code civil ce qui depuis des siècles et dans toutes les cultures a fondé nos sociétés, la complémentarité naturelle de l’homme et de la femme, pour la réduire à un choix de pratiques sexuelles parmi d’autres.
Il veulent dénaturer le mariage ou plutôt le "dénaturaliser" lui ôter toute connotation naturaliste. C’est une tendance naturelle de l’homme de détruire ce qu’il ne peut posséder, de dénigrer les talents qu’ils n’a pas, de déprécier les vertus dont il ne peut s’honorer, de pallier ses impossibilités en déformant la réalité, afin de s’y sentir plus à l’aise.
Cela m’inspire une allégorie que je livre à votre réflexion.

- Bonjour M. Larousse c’est pour une réclamation.
- Je vous écoute.
- Et bien voilà, je me promenais sur une de vos pages, à la lettre A plus précisément, lorsque, qu’entre "amharique" et "amiable" je tombe sur "ami".
- Il est donc bien placé.
- Sans nul doute, là n’est pas le problème.
- Quel est donc le problème ?
- La définition. Je vous lis "personne pour laquelle on a de l’amitié, de l’affection ou des affinités".
- Et alors ?
- Et alors ! Je n’ai pas d’ami !
- Vous m’en voyez navré.
- Je n’ai que faire de votre compassion, j’ai des droits et j’entends les faire respecter. En vertu du principe d’égalité j’ai droit à des amis.
- Mais qu’y puis-je ? Cherchez en donc !
- Je n’en veux point.
- Tout est donc réglé.
- Ne croyez pas vous en tirez ainsi. La définition que vous donnez du mot ami, me stigmatise, elle est réductrice, elle ne prend pas en compte mes problèmes relationnels, elle m’exclut de ce noble sentiment qu’est l’amitié, je ne connaitrais jamais les joies des confidences partagées, des soirées arrosées pendant lesquelles le monde se fait et se défait, vous me faîtes rater les plus beaux moments de ma vie.
- Admettons.
- Il faut changer la définition, l’ouvrir un peu.
- Mais je ne peux changer la définition juste pour vous y inclure, l’amitié est un sentiment bien réel, je ne fais que le décrire.
- Si vous disiez par exemple : "personne que l’on connait, que l’on croise souvent à qui on dit bonjour" cela ne ne lèserait personne, et me comblerais, j’aurais plein d’amis !
- Oui mais l’amitié dans tout ça, ne s’en trouverait-elle pas affaiblie ?
- L’amitié non, seul le concept perdrait un peu en puissance, les sentiments qui unissent les gens ne vont pas changer.
- Je vous l’accorde, les concepts sont une représentation de la réalité mais ils la façonnent aussi un peu, ce sentiment de l’amitié ramené au simple rang de bon voisinage perd de sa réalité puisqu’il perd de son sens.
- Mais il gagne en superficie, ce qu’il perd en profondeur, et c’est cela l’essentiel, c’est l’extérieur, la surface, le paraître. Que vous importe la profondeur, vous n’êtes pas mineur que je sache ? Tout le monde y gagne vous dis-je : moi, plein d’amis, l’amitié, de nombreux nouveaux adeptes et vous la reconnaissance de votre largeur d’esprit, de votre souci d’égalité et ce sera sans nul doute bénéfique à vos ventes.
Croyez moi Monsieur l’avenir appartient aux téméraires, à ceux qui sont prêts à changer le monde, alors vous pensez, une simple définition et de surcroît d’un mot un peu désuet somme toute.

De la revendication réelle des homosexuels.

Jusqu’à présent, je n’ai fait que démonter la logique sur laquelle repose la revendication du mariage homosexuel. Le procès en inégalité ne tient pas, car il n’y a pas d’inégalité d’individu devant la loi, il n’y a qu’une aspiration d’un groupe social à se voir reconnu dans sa spécificité et à voir la société prendre en compte cette spécificité. c’est une revendication communautaire à laquelle la France n’a pas coutume de céder. Pour autant, si l’on dépasse ce premier principe, pourquoi ne pas leur accorder ce qu’ils demandent vraiment le droit de fonder une famille .
Pour dépasser les convictions subjectives qui touchent à l’idée que l’on se fait de l’homosexualité il faut reposer la question au regard de ce qui intéresse la société. Cela revient à poser la question suivante : est-il indifférent, c’est-à-dire sans différences notables pour le bien être de l’enfant que celui-ci soit élevé avec un père et une mère, ou deux pères ou deux mères.
J’évacue d’emblée l’argument inopérant selon lequel ce qui importe c’est l’amour qui entoure l’enfant ; si le couple hétérosexuel n’a pas la primauté de l’’harmonie, l’homosexualité n’en est pas le gage.
Que reste-t-il comme argument à chacune des parties ?
A l’une l’argument naturaliste qui n’est pas négligeable, à l’autre celui du pragmatisme : ces familles-à existent, ce serait mieux de les reconnaitre comme telles.
A l’une j’opposerai que l’homme a toujours eu à coeur de soumettre la nature, à l’autre que les réalités sociales ne peuvent tirer leur raison d’être de leur seule existence et qu’une société doit pouvoir combattre les réalités qu’elle juge néfastes à son devenir. Et nous voici encore bien avancés : nous n’avons pas répondu à la question et il me semble que nous n’ayons pas assez de recul pour une étude sociologique fiable.
On pourrait alors préférer le principe de précaution et défendre l’idée que dans le doute il vaut mieux s’abstenir, que finalement il s’agit d’une question posée par une infime minorité qui ne cherche avant tout qu’à voir sa position sociale une bonne fois pour toute normalisée, et qui dans un mimétisme un peu paradoxal entend singer jusqu’à l’absurde un mode de vie - se marier, avoir des enfants - qu’ils ont souvent dénigré comme trop conventionnel.
On pourrait aussi en progressiste intransigeant, sans être vraiment convaincu par l’argument d’égalité et même sans être dupe des buts inavoués, faire droit à ces revendications en arguant du fait qu’elles ne mangent pas de pain, qu’elles ne portent pas vraiment à conséquence, qu’un enfant issu d’une PMA au sein d’un couple de lesbienne n’a pas moins de chance à priori, qu’un autre né dans un pays sous développé, qu’il vaut mieux être adopté par deux gays que trimballé de famille d’accueil en services sociaux.
On voit qu’il n’est pas facile de s’appuyer sur la seule raison pour trancher cette question. En bon septique il faudrait mieux ici suspendre son jugement plutôt que de décider avec son coeur, surtout que le seul dégât qui résulterait de cet atermoiement serait la frustration de quelques espoirs électoraux, ce qui ne créerait pas un précédent.
Mais non, il faut que certaines promesses soient tenues, en temps de crise, autant le faire pour celles qui ne coûtent rien. J’y vois là un socialisme qui s’attache à ressembler à la caricature qu’en font ses détracteurs, délaissant les aspirations les plus urgentes, les plus nécessaires, les plus légitimes pour satisfaire celles qui, sous le masque du progrès, dissimulera le mieux une modernité de complaisance.
Pour ma part, même si mon opinion doit autant je le concède, à des à priori contre l’homosexualité - dont j’essaie pourtant avec foi de me défaire - qu’à une conviction rationnellement forgée, si je devais donner mon avis lors d’un référendum je me prononcerait contre le mariage homosexuel. Athée convaincu, très à gauche sur l’échiquier politique, il me coûte de partager ce positionnement avec les intégristes de tous poils, avec les droites les moins fréquentables, mais comme je l’ai dit par ailleurs je n’entend pas céder au politiquement correct quand celui ci entre en confrontation avec mes convictions profondes.
Qu’on leur concède une union civile qui donne aux contractants les mêmes droits que ceux des époux dans le mariage, je n’y voit rien de sensé à redire. Mais qu’on déclare solennellement que la composition de la cellule familiale n’a pas d’incidence sur l’équilibre d’un enfant, me laisse quelque peu dubitatif. Cela reviendrait, il me semble, à être en contradiction totale avec les affirmations de tous les psychologues et autres psychiatres qui depuis bientôt un siècle nous expliquent que l’origine de nos tourments, nos déséquilibres, nos complexes, nos obsessions, nos angoisses, sont a rechercher dans notre enfance et notamment dans les rapport au parent du sexe opposé. Le complexe d’Eudipe s’en trouve pour le moins malmené.
La seconde raison est peut-être la plus profonde. Elle se justifie par mon opposition à une pseudo modernité, qui tient beaucoup de la posture, qui n’est pas en soit la garantie de réel progrès, qui s’impose trop souvent comme une valeur en soi, qui ne trouve de justification que dans son opposition à ce qui fût et qui confond souvent tolérance et indifférence.
Dit autrement, cela tient au fait que je suis un vieux con de réactionnaire de gauche, qui se méfie des renoncements motivés par le seul diktat d’une pensée qui se veut à la mode.

Postface.

A mes tendres papas

Je suis un grand garçon maintenant j’ai huit ans et il y a des choses que j’aimerais vous dire.
D’abord que je vous aime beaucoup, bien sûr je sais très bien que papa Charles n’est pas un vrai deuxième papa, que c’est un papa de coeur parce que il est amoureux de papa Victor et que c’est pour ça que vous faîtes l’amour. Je sais aussi que vous aimez pas trop les dames parce qu’elles ont pas de zizi comme nous c’est pour ça que vous faites pas l’amour avec elles. Je sais aussi qu’on peut faire des bébés quand on fait l’amour mais que deux papas ils peuvent pas faire des bébés, alors ils les achètent à une dame qui a besoin de sous pour élever ses enfants et alors de temps en temps elle en vend un à la naissance. Vous m’avez déjà dit que c’est comme ça que j’ai été fabriqué, parce que c’est le progrès et c’est l’égalité, mais je comprenais pas tout, maintenant je comprends.
Je comprends que j’ai pas le droit de voir ma maman, parce que peut-être ça lui ferait du mal de pas m’avoir avec elle. Alors c’est un peu papa Charles ma maman. Les copains à l’école y disent que ça se peut pas parce qu’il a une barbe, mais hein ça existe les femmes à barbe. Ils disent aussi qu’ils préfèrent leur maman et qu’ils aimeraient pas ne pas avoir de maman, parce que une maman c’est gentil, ça parle tout doux, ça sent bon, c’est joli avec des belle robes et aussi des nichons. Et ben moi je m’en fiche que j’ai pas de maman à la maison, parce que vous faites tout pour que ça soit pareil. Bien sûr votre peau elle pique un peu, surtout papa Charles avec sa barbe, vous êtes un peu moins joli que la maman de Mireille, vos pieds y sentent pas bons et vos nichons y sont tout petits, mais vous pouvez quand même mettre des piercings dessus. Et puis vous m’aimez beaucoup.
Vous m’avez promis que si vous êtes plus amoureux, vous continuerez à vous occuper de moi chacun votre tour, et là j’aurais quatre papas, papa Victor, papa Charles et vos deux nouveaux amoureux. Ca doit être bien d’avoir quatre papas, parce que deux c’est bien alors quatre c’est mieux. Combien on peut en avoir des papas ? Vous m’avez dit que quand je serais grand je pourrait choisir d’avoir une amoureuse, mais moi je voudra pas. Les filles elles pleurent tout le temps, j’aurais un amoureux comme vous mais sans la barbe et on achètera plein des petits bébés.

Messages

  • Un peu long ton écrit sur ce sujet !!!! pleins de choses ou je suis ok dans ta reflexion mais pour moi, le mariage gay n’a rien de choquant, car il n’engage que 2 personnes et des adultes, il ne devrait même pas avoir de polémique !!!! maintenant pour l’adoption c’est un autre PB, malgré qu’il ny a rien de choquant pour moi mais c’est un sujet bcp + délicat...

  • @serrano...

    « le mariage gay n’a rien de choquant, car il n’engage que 2 personnes et des adultes »

    Le mariage était une institution millénaire formant un cadre pour la famille, naturellement basé sur l’union d’un homme et d’une femme (le mot "naturellement", dérivé de "naturel" a son importance). On a souhaité le dénaturer pour en faire un fourre-tout (et satisfaire aux ambitions d’une minorité puissante ayant parfois souffert dans le passé).

    « il ne devrait même pas avoir de polémique !!!! »

    Qu’elle est douce la déliquescence intellectuelle... Circulez, surtout ne réfléchissez pas ! ça pourrait faire des polémiques !

    Moi je suis polygame/polyandre, je suis une minorité méprisée et limitée dans mes droits, j’exige que le mariage français inclue les groupes... c’est quand même complètement injuste qu’il ne les inclue pas et me discrimine ! Non, vous n’êtes pas d’accord ?

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