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Méchants ou stupides ?

mercredi 29 février 2012, par Sausausau

Dans mon entourage, ce n’est un secret pour personne : je suis de gauche. C’est pour ceux qui ne me connaissent pas que je juge utile d’apporter les précisions suivantes, afin qu’ils puissent se faire une idée du positionnement politique de celui qui s’adresse à eux. Je n’appartiens à aucun parti politique et ma seule expérience militante s’est réduite au syndicalisme.Bien qu’inactif, je suis adhérent à la CGT, dont j’ai été un délégué syndical, pendant une dizaine d’années, au sein d’une entreprise de 250 personnes. Mon père était un ouvrier d’origine italienne, il a quitté sa Tunisie natale en 1959 à 23 ans, sans le sou, avec sa femme et leur premier enfant, moi même, pour venir s’installer à Grenoble. A l’époque, il était persuadé que le sort souriait à ceux qui s’en donnaient la peine, en ce sens, mais sans le revendiquer, ni même peut-être le savoir, il était plutôt de droite. Ajoutez à cela des idées plutôt réactionnaires sur l’importance de la tradition, sur la place de la femme dans la société (à la maison !), sur la place des immigrés (chez eux !) et vous aurez le contexte dans lequel j’ai grandi : apolitique… mais de droite ! J’ai arrêté ma scolarité à 16 ans après un BEPC obtenu de justesse. De nombreux petits boulots, interrompus par les 12 mois de service militaire obligatoire, m’ont permis d’appréhender la réalité diverse du monde du travail. A 21 ans, j’ai été embauché comme magasinier dans l’entreprise où mon père exerçait ses talents reconnus de chaudronnier. Contrairement à ses conseils de neutralité (selon lui un bon travailleur finissait par être reconnu comme tel et n’avait pas besoin d’être syndiqué) j’ai adhéré rapidement à la CGT et suis devenu délégué du personnel à 23 ans. En effet, j’ai vite été convaincu de l’existence d’intérêts antagonistes entre employeurs et salariés et tout aussi convaincu de la nécessité de s’unir pour prétendre s’opposer à celui qui à la fin du mois nous permet d’honorer nos dettes et de subvenir à nos besoins, le patron ! Le déséquilibre des forces en présence et les injustices qu’il autorisait, m’est tout de suite apparu comme une évidence contre laquelle il fallait lutter. A ce titre je suis de gauche. Voici donc esquissées les frontières du paysage politique qui est le mien. Aucune hérédité dans mes idées qui les aurait ancrées au plus profond de mon être, si ce n’est mon appartenance ouvrière ; pas de militantisme politique encarté qui oblige à une certaine discipline de parti ; pas dupe non plus du jeu de rôle politicien qui se déroule sous nos yeux ; mais certain que le monde irait mieux si le partage de ses richesses était plus équitable. Alors que je ne suis pas un intégriste politique, pourquoi donc depuis quelques temps, ne puis-je m’empêcher de ranger tous les gens qui défendent ou partagent les idées de droite, dans l’une ou dans l’autre des deux catégories suivantes : mauvais ou stupides ? (Encore dois-je avouer que ce ne sont pas les termes exacts qui me sont venus les premiers à l’esprit pour les qualifier, mais ce sont ceux que j’ai retenus finalement, dans le souci évident d’apaiser les passions.) Voici donc le partage honteux auquel je me livre dans la solitude de mes cogitations. D’un côté il y a les personnes qui ont un intérêt évident, mais non moins égoïste, à défendre une situation favorable et privilégiée, je pense notamment aux riches, à ceux qui détiennent le pouvoir économique ou politique et à l’élite intellectuelle qui les sert. Ceux-là seraient donc, dans mon esprit très manichéen, les mauvais car ils se satisfont, entretiennent, ou amplifient une iniquité et une injustice sociale incontestable. D’un autre côté il y a ceux qui auraient un intérêt non moins évident et je vous l’accorde peut-être tout aussi égoïste, à ce que les choses changent et qui pourtant par leur vote, reconduisent les premiers au pouvoir. Ceux là seraient donc les crétins puisqu’ils semblent agir de manière irrationnelle.

Je confesse que cette alternative fermée augure mal de mon objectivité et souligne (en rouge ?) une intolérance politiquement incorrecte. J’admets qu’elle laisse peu de place à l’antithèse, reconnue pourtant comme indispensable au bon cheminement de la pensée. Mais franchement je ne me sens plus d’humeur à devoir concéder à ceux, qui souvent de père en fils (et même en filles, elles sont tout aussi douées) organisent l’iniquité, en s’accordant une part toujours plus grande de la richesse des nations, prétendant avec outrance qu’ils en sont à l’origine. Oui, j’ai perdu la foi, nécessaire en démocratie, en l’égale dignité des idées politiques et des valeurs qui les fondent. Est-ce la faute des hommes qui les portent ou des valeurs en elles-mêmes ? Je vous propose un petit tour d’horizon des idées dites de droite, pour essayer de comprendre le rejet que certaines suscitent chez moi et voyons un peu quelle diversité cache ce vocable « gens de droite » J’utiliserai dans la suite de ce texte, l’acronyme « GDD » pour les nommer. Nul doute que ma prose n’a aucune chance de convaincre une personne vraiment de droite de l’objectivité et du bien fondé de ma théorie mais j’espère secouer quelques consciences et surtout réveiller certaines stupeurs. En introduction une petite explication de cette partition droite, gauche en politique. Elle remonterait à la révolution française de 1789, lorsque les membres de l’assemblée constituante favorables au véto du roi se placèrent à droite du président de séance, alors que ceux qui s’y opposaient se mirent à sa gauche. Pour en venir à la bipolarisation actuelle, on peut lire sur les pages WIKIPEDIA traitant du sujet, que la droite défend « …un ordre respectant l’efficacité et la propriété privée. » alors que la gauche revendique « …un progrès égalitaire organisé par l’état ». Toujours selon des auteurs consensuels les valeurs suivantes seraient caractéristiques de la droite : mérite, travail, ordre, sécurité, tradition, loyauté, liberté cette dernière notion étant souvent privilégiée quand elle entre en conflit avec les autres. Certaines de ces valeurs peuvent faire l’objet de débat. Le mérite par exemple est souvent mis en avant par les GDD pour justifier certaines inégalités de traitement, mais tant que l’égalité des chances n’est pas effective, la frontière restera mince entre mérite strictement personnel et conditions initiales favorables à la réussite. Même l’aspect vertueux du mérite peut-être discuté, en quoi un individu que la nature, l’hérédité, ou la naissance a doté de facultés avantageuses se verrait en plus offrir par la société une position sociale privilégiée. Je ne suis pas en train de plaider pour une société des médiocres mais le mérite tel que l’entend la droite sert d’alibi à la prise de pouvoir d’une oligarchie et souvent d’une ploutocratie, qui reproduit les inégalités actuelles et même les renforce. Le travail revendiqué comme une valeur, par ceux-là même qui en organisent, ici la pénurie, là l’exploitation systématique — en mettant en œuvre la concurrence des travailleurs de tous les pays — ne peut-on pas voir là un paradoxe choquant ? L’ordre est à priori préférable au désordre, mais quand il tend à perpétuer l’injustice est-il toujours aussi défendable ? La sécurité, quand elle est organisée à grand renfort policier sur les Champs Elysées, alors qu’elle peine à s’obtenir dans les quartiers défavorisés, quand elle devient prétexte à des concessions toujours plus grandes en matière de liberté, quand elle contribue à monter les pauvres contres les plus pauvres, ainsi détournée d’une légitime attente citoyenne, ne perd-elle pas partie une partie de sa valeur ? La tradition lorsqu’elle se confronte au progrès exige de vrais débats de société dont la droite s’affranchit aisément jusqu’à ce que, dépassée par les évènements, elle finisse par abandonner les certitudes qui forgeaient ses traditions, hier fondatrices. Cependant je vous le concède, les valeurs morales dont se réclame la droite, même si elles peuvent faire débat, ne peuvent être retenues comme condition suffisante, pour qualifier de mauvaises, les personnes qui s’en réclament. Puisque les valeurs morales, du moins celles affichées, ne sont pas en cause cherchons donc ailleurs les raisons qui me font conclure à leur méchanceté. Sans tomber dans le cliché, ou si peu, il n’est pas rare que les GDD franchisent allègrement la frontière entre l’individualisme qu’ils revendiquent, et un égoïsme moins flatteur. En effet, lorsque l’on pose en principe indépassable la liberté de l’individu contre celle du groupe, on s’inscrit de fait dans un clivage qui fait perdre la notion même de l’intérêt général. Voilà un concept difficile à cerner si l’on n’admet pas au départ que l’intérêt personnel est souvent en conflit avec l’intérêt général et que ce dernier doit prévaloir. Soit ! Le mal est là, mais tous n’en sont pas atteints et il est des GDD pour se résoudre à reconnaître la primauté de l’intérêt général sur le leur. Comme des gens de gauche pour exprimer leur égoïsme frustré dans des corporatismes tout aussi condamnables. L’égoïsme n’est après tout qu’une hypertrophie de l’instinct de survie, c’est un défaut trop humain pour être concédé aux seuls GDD. Il y aurait-il d’autres défauts qui pourraient les singulariser ? Il n’est pas rare de s’apercevoir en côtoyant des gens de droite que l’argent occupe une grande place dans leur vie. Soit qu’ils consacrent énormément de temps à en « gagner », soit qu’ils dépensent une énergie folle à voir grossir un magot déjà surnuméraire, l’argent est pour eux bien plus qu’un moyen, il est une fin, mais pour les GDD, la cupidité n’est pas un défaut c’est le fondement même du capitalisme, doctrine de droite s’il en est, qui repose sur une accumulation du capital et qui érige le profit en but ultime. Voyons rapidement les autres petits défauts dont on les affuble aisément. La duplicité ? Seulement une manière d’être rusé, nous disent-ils. L’envie ? Un moteur nécessaire de l’existence, se défendent-ils. L’hypocrisie ? Une forme de politesse indispensable, rétorquent-ils. Le mensonge ? Un mal inévitable en affaire, affirment-ils. Force est de constater que le tableau s’assombri, mais difficile de nier pour autant que ces défauts ne sont pas exclusifs aux GDD, et que l’homme est décidément bien imparfait. Quelle est donc la particularité qui se retrouverait dans toute la population de droite et chez elle seule et qui m’incline à douter de leur bonté. Et si nous nous intéressions un peu aux idées économiques qu’ils défendent. S’il en est une qui fait chez les GDD l’unanimité, c’est le capitalisme. Pour beaucoup, elle a perdu son statut d’idée, de théorie économique, pour accéder à celui bien envié de vérité révélée, de dogme. Envié car on ne discute pas de la validité d’un dogme, il est vrai parce qu’il est. Il défini un cadre, et tout doit s’inscrire dedans, idées, analyses, actions, projets n’ont d’avenir qu’à l’intérieur de ce cadre. Au diable les velléités de changement qui impliquerait un changement de paradigme, les échecs des tentatives ultérieures, les disqualifient à tout jamais. Il n’est plus question pour eux de raison mais de foi. Comment peut-on expliquer autrement l’aveuglement coupable des GDD face à la réalité de la pauvreté dans le monde ? Ils ont constitué une religion dont ils sont les prêtres, dans laquelle le marché est Dieu, et Hayek et Friedman ses prophètes. Ils lui sacrifient sans sourciller une partie de l’humanité et s’emploient à son avènement sur la terre entière. Les plus rationalistes, décrivent le capitalisme comme une réalité scientifique au même titre que la gravitation universelle. Discute-ton encore de la validité de cette théorie ? Non, quand une pomme tombe de l’arbre elle rejoint le sol. Il vaut mieux s’appliquer à en corriger les conséquences néfastes et comme pour la pomme, ne pas être dans sa trajectoire quand elle chute. Mais, me direz vous, point ici de méchanceté, seulement une appréciation quelque peu déformée ou tronquée d’une réalité pas toujours accessible dans sa complexité. Je vous l’accorde, beaucoup de GDD sont de bonne foi, et quelle que soit leur façon d’appréhender le capitalisme, elle s’inspire souvent du reflet déformé qu’en donne ses élites prosélytes à travers des médias, condamnés à soutenir le système — quitte à en critiquer les dérives les plus flagrantes. Dans mon classement sans nuance, ceux là sont les stupides et rien n’est perdu pour eux. Charge à nous de les sortir de l’ahurissement dans lequel les plongent tous les médiateurs des idées capitalistes. Je citerai par exemple TF1, qui entend s’accaparer du reste de disponibilité de leur cerveau pour le vendre au plus offrant. La Française des jeux, qui tente de les convaincre qu’ils sont inscrits dans la file d’attente des gagnants et que demain leur tour viendra. La société de surconsommation qui prétend qu’être c’est avoir, alimentant ainsi les frustrations de tous. De ceux qui n’ont pas et qui ne pensent que par ce manque, de ceux qui n’admettent pas que le plaisir est plus dans le désir que dans sa réalisation et qui par conséquent vivent dans la recherche perpétuelle d’une nouvelle envie à assouvir.
La mission s’avère difficile. La tâche est d’autant plus rude que l’adversaire est protéiforme et avance bien souvent sous un masque enjôleur, mais peut-être ces GDD là seraient-ils sensibles à un argument de simple bon sens. Laissons de côté les valeurs morales affichées par la droite qui comme on l’a dit plus haut, peuvent être sujets à débat. Signalons seulement qu’elles ne lui servent bien souvent que de vitrine trompeuse, quand en boutique elle n’a en vente que du capitalisme avarié. Faisons plutôt un rapide calcul. 60 % des français disposent pour subvenir aux besoins de leur ménage d’une somme inférieure à 1685 € tous revenus confondus, y compris prestations sociales et impôts directs déduits, et ce quel que soit le nombre de personnes que compte le ménage (chiffres INSEE 2009). A la lecture de ces chiffres, nul besoin d’être un économiste averti pour en déduire que, dès que le ménage se compose de plus de deux personnes, cela ne doit pas être facile tous les jours. Autrement dit une grande majorité des français, sans être carrément pauvre, a juste de quoi subvenir à ses besoins fondamentaux. Pour ceux là, les valeurs morales de la droite restent, je présume, une question très subsidiaire. Pourquoi donc s’entêtent-ils à maintenir au pouvoir des gouvernements qui les desservent ? Pourquoi donc ne pas mettre au pouvoir les partis qui dans leur histoire, leurs combats, leurs statuts, leurs programmes entendent défendre les intérêts de cette classe-là. Certainement sont-ils sensibles au bourrage de crânes constant auquel ils sont soumis, visant à les convaincre qu’il n’y a plus de classes sociales. Elles n’ont pourtant jamais été plus évidentes qu’aujourd’hui. Tous matelots sur le grand navire du capitalisme conquérant, qui finira bien par nous débarquer sur une île paradisiaque, nous dit-on. Rien de moins sûr. D’un côté ceux qui possèdent et dirigent le navire, qui sitôt débarqués sur l’ïle, s’y installent, s’emparent de ses richesses et nomment un nouveau capitaine pour continuer leur quête incessante de nouveaux trésors. De l’autre les dindons de la farce ceux qui ont ramé et qui auront au mieux le droit de continuer à le faire vers la nouvelle destination. L’image vaut encore et toujours, Ils sont de moins en moins nombreux à posséder de plus en plus, le déséquilibre devient inquiétant et l’idée même de maîtres du monde refusée par beaucoup, s’incarne de plus en plus dans cet état de fait. Alors cessez de vous comporter comme des lapins pris dans les feux des richesses qu’ils vous promettent. L’ascenseur social est en panne, pour un qui parvient à monter d’un étage combien qui redescendent ? Cesser de croire que si Steve Jobs l’a fait vous pouvez le faire, d’abord parce que son génie est aujourd’hui notoire et que sans vouloir vous vexer le vôtre a du mal à convaincre mais plus sérieusement parce que pour une réussite de ce type, combien de faillite, de rêves et de vies brisés ? Vous avez tout compte fait, plus de chance avec le loto ! Non le capitalisme n’est pas la forme d’organisation la plus efficace de la société. La preuve contraire vous la vivez tous les jours même si en France les luttes sociales on permis de préserver un niveau de protection sociale correct. Bien sûr qu’avec les partis de gauche, rien n’est joué d’avance, il faudra être toujours vigilants et exiger que la logique libérale soit abandonnée, non pas au profit d’une sociale démocratie qui le condamne du bout des lèvres et qui a organisé son avènement en Europe. Ni pour un étatisme autoritaire, mais pour un état volontariste et solidaire qui reconnait l’individu et son besoin naturel d’exprimer sa volonté et de la mettre en mouvement, et qui dans le même temps, organise une solidarité équitable et juste. Un Etat qui admet le profit que la société peut tirer des entreprises individuelles, qui les encourage mais qui garantit la primauté de l’intérêt général. Ce n’est pas là encore le programme du parti socialiste français, mais c’est encore moins celui de la droite française. Encore moins celui de l’extrême droite qui affiche une conscience sociale tellement nouvelle qu’elle semble l’avoir dopée en s’injectant à haute doses « le capital » de Marx. Extrême droite et Capital, en France comme à l’étranger, on toujours partagé le même lit et l’on connaît trop bien les rejetons qu’ils nous on laissés, pour accorder quelques crédits aux toutes nouvelles convictions sociales du Front National. Procédons donc à l’éviction du pouvoir de la droite et si le passage obligé est aujourd’hui le PS, alors rallions nous. Mais gardons à l’esprit l’espoir de proposer un autre moteur à l’humanité que la course au profit. Vous GDD que je qualifie de stupides, parce que vous maintenez au pouvoir des hommes qui n’ont d’autre but que de préserver leurs privilèges. Sachez que mon fol espoir est de vous faire réagir. Montrez que je me trompe, qu’on ne vous manipule pas aussi facilement, et puisqu’ensemble nous sommes le peuple majoritaire, nul besoin de révolution pour s’emparer du pouvoir. Votons contre la droite.

Je voudrais que l’on s’attarde maintenant sur les autres GDD, tous ceux qui sont trop intelligents pour que l’on puisse leur faire un procès en stupidité ; tous ceux à même de mesurer du haut de leurs diplômes, les tenants et les aboutissants des théories qu’ils élaborent et qu’ils mettent en œuvre ; tous ceux qui cyniquement ne veulent voir que des dégâts collatéraux regrettables, dans la pauvreté qui perdure, dans la faim qui persiste, dans la soif qui menace ; tous ceux qui réduisent la répartition des richesses à une spoliation intolérable, tous ceux qui organisent l’épuisement des matières premières non renouvelables au bénéfice d’une minorité — dont bien sûr nous sommes. Non je n’ai plus envie de leur accorder des circonstances atténuantes à ceux là ! Au contraire je retiens à charge de nombreuses circonstances aggravantes. La mondialisation décrite comme un état de fait dont il faudrait s’accommoder, répond à un plan soigneusement préparé depuis de nombreuses années par les capitalistes du monde entier qui petit à petit on fait tombé les frontières douanières, ouvert les services publics à la concurrence, forcé à la privatisation de tout le secteur marchand : la préméditation est factuelle ! Les crises systémiques qui se succèdent sans que le capitalisme tirent les enseignements des ses dérives : la récidive est flagrante ! La qualité des personnes en cause, grandes écoles, familles aisées, richesse, pouvoir, dont on pourrait attendre qu’elle sert aussi l’intérêt général, vient alourdir un peu plus l’accusation. L’abus de faiblesse est notoire, ils appellent cela « concurrence » et l’appliquent partout ou le pouvoir de résistance est faible notamment dans les pays les plus pauvres.

Si la notion de bien et de mal a encore un sens, si le bien est mieux que le mal, si certaines actions, plus que certaines valeurs, peuvent être qualifiées de mauvaises, alors oui, les GDD sont dans le mauvais camp. Oh, je les vois d’ici affirmer avec Talleyrand que tout ce qui est outrancier est insignifiant, mais voilà c’est cette outrance que m’inspire leur cynisme, leur richesse ostentatoire, leur arrogance satisfaite quand elle s’affiche sur leurs yachts de luxe. Ils triomphent mais sans gloire d’une guerre économique qu’ils fomentent, planifient et organisent, qui se révèle pour eux sans péril et dont les vrais perdants sont les soldats des différents camps.
Ils me renvoie l’image des marins du port d’Amsterdam de Jacques Brel, qui : « quand ils ont bien bu, se plantent le nez au ciel, se mouchent dans les étoiles, et [qui] pissent comme je pleure… »… sur la misère humaine ; à ceci près que ces derniers avaient l’excuse de l’ivresse.

Sauveur Ferrera Le 29 février 2012

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